Sophie Zénon

Sicile. Au-dessous du volcan.

  • Lieu :

    Salle Patmos

  • Date :

    18/05 – 11/06

 

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Sans titre, Palerme, 2008
© Sophie Zénon

« Une île dans l’île, un monde particulier, loin des côtes et des temples, des langueurs africaines et des vastes palais : c’est Enna et ses déserts alentours. Nul ne fait le voyage au centre de cette terre sans éprouver un sentiment de déréliction ; nul, au retour, ne l’oublie. Dans cet oeil au centre du triangle, cette coupe géologique où fomentent des sortilèges, l’essence de la Sicile se dévoile. »
Christiane Rancé, écrivain.
Dans les régions des Madonie et du Val Demone, au centre de la Sicile, l’homme vit une relation mystérieuse et austère avec la nature. Replié le soir dans des villages accrochés aux pics rocheux qui trouent les vastes ondulations des plaines alentour, il s’égaye le jour sur l’entrelacs des routes qui innervent les collines, poussant moutons, brebis et parfois quelques vaches efflanquées. Ces terres conservent la riche complexité des Siciliens que l’écrivain Leonardo Sciascia appelait « la sicilianité ».
Au coeur de l’île de Bendor, Sophie Zénon investi les deux salles jouxtant l’atelier de Paul Ricard. Pensé comme une galerie d’ancêtres, l’espace présente deux univers, des paysages noir et blanc de la Sicile intérieure auxquels répondent des portraits d’anonymes retravaillés à partir de plaques de verre trouvées au marché aux Puces de Palerme, et d’impressionnantes photographies couleur des momies des catacombes des Capucins de Palerme. Saisies avec délicatesse, elles semblent vibrer, voire danser, entre présence et disparition, faisant ainsi vaciller la frontière entre la vie et la mort.
Formée à l’histoire contemporaine, de l’art et à l’ethnologie, Sophie Zénon déploie tout d’abord son travail au contact de nouvelles cultures et sillonne à maintes reprises la Mongolie. Depuis la fin des années 2000, en écho à ses études sur le chamanisme, elle revient à ses thèmes de recherche de prédilection : la mise en scène photographique de l’absence, notre rapport au temps, à la mémoire, à la filiation. On ne peut comprendre son travail sur la Sicile sans connaître ce parcours rare et profond en Mongolie.
Lauréate en 2016 du prix « Résidence pour la Photographie » de la Fondation des Treilles, du Prix Kodak de la critique en 2000, nominée au Prix Niépce en 2011 et 2015, à la Villa Kujoyama en 2015, elle a fait l’objet de nombreuses expositions en France et à l’étranger et ses photographies et livres d’artiste ont intégré des collections publiques.
Sophie Zénon est représentée en France par la galerie Thessa Herold (Paris), la galerie Line Lavesque (Arles) et aux Pays-Bas par la Galerie Schilt.

 

Commissaire de l’exposition : Laura Serani

 


 

Sophie Zénon
Sicily. Below the volcano.

« An island on the island, a particular world, away from shores and temples, African languors and vast palaces: it is Enna and its surrounding deserts. No one makes the journey to the center of this earth without experiencing a feeling of dereliction; No one, on his return, forgets it. In this eye in the center of the triangle, this geological cut where spells foment, the essence of Sicily unfolds. »
Christiane Rancé, writer.

 

In the regions of Madonie and Val Demone, in central Sicily, man lives a mysterious and austere relationship with nature. Folded in the evening in villages clinging to the rocky peaks that cut through the vast ripples of the surrounding plains, he swam by day on the interlacing of the roads that innervate the hills, pushing sheep, ewes and sometimes a few flawless cows. These lands retain the rich complexity of the Sicilians that the writer Leonardo Sciascia called « Sicilianity. »
In the heart of the island of Bendor, Sophie Zénon invested the two rooms adjoining Paul Ricard’s atelier. Thought like a gallery of ancestors, space presents two universes, black and white landscapes of interior Sicily answered portraits of anonymous reworked from plates of glass found at the market of Palermo, and impressive Color photographs of the mummies of the catacombs of the Capuchins of Palermo. Seized with delicacy, they seem to vibrate, even dance, between presence and disappearance, thus wavering the border between life and death.

Trained in contemporary history, art and ethnology, Sophie Zénon first deployed her work in contact with new cultures and traveled many times to Mongolia. Since the end of the 2000s, as an echo of her studies on shamanism, she returns to her favorite research themes: the photographic staging of absence, our relationship to time, memory and filiation. One cannot understand her work on Sicily without knowing this rare and deep course in Mongolia.

Winner in 2016 of the « Residence for Photography » prize of the Fondation des Treilles, the Prix Kodak de la critique in 2000, nominated for the Prix Niépce in 2011 and 2015, Villa Kujoyama in 2015, she has had many Exhibitions in France and abroad and her photographs and books of artist have integrated public collections.

Sophie Zénon is represented in France by the gallery Thessa Herold (Paris), the gallery Line Lavesque (Arles) and in the Netherlands by Galerie Schilt.

 

Curator of the exhibition: Laura Serani

 

Les autres photographes

 

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