Sebla Selin Ok

Expérimenter
la ville

  • Lieu :

    Villa Méditerranée

  • Date :

    17/05 – 13/08

 

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Expérimenter la ville
© Sebla Selin Ok

Expérimenter la ville
© Sebla Selin Ok

En un temps où l’on ne parle que de mondialisation, il convenait de donner au panorama des métropoles méditerranéennes un contrepoint géographiquement lointain, pour vérifier si vraiment l’âge des particularismes est derrière nous. Tokyo, une capitale souvent parcourue par les photographes, se présentait comme un terrain privilégié – un Tokyo doublement lointain, puisque le regard est ici celui d’une jeune photographe turque, Sebla Selin Ok. Plutôt familière de la réflexion sur l’identité personnelle, l’artiste a abordé l’univers de la grande ville à partir d’un point de vue impressionniste. Si série se nomme Self/ Subject, c’est qu’il s’agit moins à travers elle de permettre au spectateur de se faire une idée de Tokyo (mais aussi de Nara, Kyoto, Osaka, Yokohama qui sont significativement mêlées) que de partager le regard de l’artiste qui découpe dans le réel urbain de larges tranches énigmatiques.

 

Le résultat de l’expérience est ambigu. Certaines des lames d’observation de Sebla Selin Ok répondent aux canons du pittoresque orientaliste : on y voit des constructions traditionnelles, des exemples d’un art des jardins reconnaissable au premier regard. Mais le jeu des reflets, qui parfois complexifient l’image jusqu’à la brouiller, montre que rien ne va de soi. Bien d’autres prélèvements de réalité urbaine japonaise pourraient avoir été saisis à Los Angeles, à Buenos Aires ou à Berlin. Rien ne ressemble plus à une skyline qu’une autre skyline. Les autoroutes ont partout la même allure. Même la culture festive a perdu beaucoup de ses idiomatismes pour adopter les codes d’un Las Vegas planétarisé. Plus que dans une ville singulière, c’est ainsi dans un quartier de la mégalopole mondiale que nous conduit Sebla Selin Ok. Le talent avec lequel elle met en scène la modernité urbaine invite toutefois à laisser de côté la posture trop facile de la pleureuse anti-moderne et à regarder. Regarder et ressentir, se laisser déborder par l’atmosphère de ces villes.

Guillaume de Sardes
Exposition réalisée en partenariat avec SIGMA

Les autres photographes

 

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