Joe Kesrouani

Beyrouth

  • Lieu :

    Friche Belle de Mai

  • Date :

    05/07 – 13/08

 

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Warship, Beyrouth
© Joe Kesrouani

Warship, Beyrouth
© Joe Kesrouani

De grand format, d’une extrême précision et techniquement irréprochables, les images de Beyrouth de Joe Kesrouani semblent de prime abord appartenir à un des courants les plus populaires de la photographie plasticienne : le paysage traité de manière neutre. Cette esthétique photographique objective s’est imposée au début des années 90, en réaction à la peinture et à la création « néoimpressionniste » des années 80. Largement influencée par le travail pionnier de Bernd et Hilla Becher, elle est un moyen de s’affranchir de la perspective personnelle. Le plus connu des artistes de cette école souvent qualifiée de « germanique » est Andreas Gursky. Parmi ceux ayant travaillé spécifiquement sur la ville, Naoya Hatakeyama et Axel Hütte ont obtenu la considération du monde de l’art.

 

Les images de Joe Kesrouani rappellent superficiellement celles de ces grands devanciers. Elles en diffèrent pourtant si on les regarde attentivement, parce qu’elles n’ont ni tout à fait leur rigueur, ni vraiment leur esthétique froide, objective et impersonnelle. Il y a quelque chose d’autre qui perce chez l’artiste libanais. Ce goût des ciels d’orage, des contrastes marqués et des jeux de lumière ne relèvent-ils pas d’un sentiment romantique du sublime ? Joe Kesrouani se tiendrait ainsi en équilibre au milieu d’un fil tendu entre les photographes de l’école de Düsseldorf et le peintre Caspar David Friedrich.

Guillaume de Sardes

Né à Beyrouth en 1968 où il vit et travaille, Joe Kesrouani a étudié l’architecture à Paris et s’est formé à la peinture et la photographie en autodidacte. Sa pratique photographique privilégiant le noir et blanc, dramatique et contrastée, se veut une expression viscérale et extravertie. Les peintures de Joe Kesrouani mêlent abstraction et figuratif dans une approche narrative complexe. Sa formation d’architecte se révèle dans la construction de ses images, picturales ou photographiques. Son travail brise les clichés sur le Moyen-Orient et crée un monde à part entière, extrait de sa propre imagination, qui semble éprouver le plaisir comme le danger. Entre 1993 et 2011, Joe Kesrouani a exposé, seul ou en groupe, à Beyrouth, Dubaï, Londres et Paris.

Les autres photographes

 

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