Hans Silvester

Le pain des femmes

  • Lieu :

      Allée d’Estienne d’Orves

  • Date :

      18/05 – 11/06

 

trait_rouge

Le pain des femmes
@ Hans Silvester

Hans Silvester est mondialement connu pour son livre sur les chats des Îles grecques. Avant de faire son reportage, il avait pris le temps de visiter ces îles afin de trouver celles où les chats sont nombreux et où le décor se prête à la photographie. Dans l’archipel du Dodécanèse, entre La Crète et Rhodes, il n’a pas élu Karpathos pour ses chats, mais pour… son pain.

 

L’île très pauvre, rocailleuse, aride, a été abandonnée par les jeunes qui sont partis vers l’Amérique et c’est ainsi que s’est préservée la vie rurale traditionnelle aux aspects intemporels. Comme il y est allé à toutes les saisons, même l’hiver, où il était le seul étranger, il a lié avec les habitants du village d’Olymbos des contacts beaucoup plus étroits que ne le font les touristes. Ils lui ont offert leur confiance et donné à voir leur quotidien. Entre autres, chaque famille fait son pain avec le blé qu’elle a semé, récolté, moulu. Il a photographié le travail dans les champs et la boulange, en costume traditionnel, à l’aide d’ustensiles qui n’ont pas changé depuis des siècles, entre les mains de femmes au visage rougi par la chaleur du four où cuit leur pain. On manque de bois sur Karpathos ; la chaleur du four n’est donc jamais gaspillée et on en profite pour mettre à cuire un gigot, ou faire sécher des fruits. Puis les pains sont bénis lors des fêtes religieuses selon la tradition orthodoxe. À tour de rôle, les familles offrent au pope une grosse miche qu’il partage ensuite entre les fidèles.

 

Ce travail documentaire s’inscrit dans une approche personnelle de Hans qui nous témoigne de son rapport aux autres mais également à la nature et au temps. Son extraordinaire empathie lui permet de créer un rapport intime et respectueux avec tous ceux qu’il rencontre et de nous entrainer à sa suite dans leur univers. On peut voir en lui le premier militant écologiste à s’être emparé de l’outil photographique comme d’une arme de persuasion : qu’il saisisse les derniers rites des peuples primitifs d’Éthiopie ou les traditions grecques, il le fait toujours en immersion, ce qui le conduit à photographier aussi les animaux et la nature qui constituent le cadre de vie de ceux qui l’accueillent. Amoureux de la Terre, son oeuvre est un tout qui nous dit la beauté du monde et témoigne d’une grande indépendance. Hans Silvester ne cherche jamais l’effet, il choisit ses sujets et se laisse porter par la chance. Il est l’essence du photographe, compteur à la manière des troubadours voyageurs, se faisant messager et laissant au spectateur le soin de s’interroger sur le propos de ses images : garder la mémoire d’un monde qui disparait ou dénoncer par contraste une vision inquiétante de l’évolution des sociétés ?

 

 

Hans Silvester est un photographe professionnel et un militant écologiste né le 2 octobre 1938 à Lörrach en Allemagne. Ses parents lui offrent son premier appareil photographique pour son quatorzième anniversaire et c’est à cet âge qu’il prend ses premiers clichés. La photographie le passionne déjà mais ce sont les voyages qui lui donnent le goût du reportage. Après avoir obtenu un diplôme à l’école de Fribourg en 1955, il voyage à travers l’Europe, notamment en Camargue. De ce dernier lieu, il publie en 1960 un reportage légendé par des textes de Jean Giono qui lui procure un succès immédiat. En 1962, il s’installe en Provence, dans le village de Lioux, mais continue à parcourir le monde : Amérique du Sud (pour un reportage à caractère humanitaire), États-Unis (où il reste six mois), Amérique centrale, Japon, Portugal, Égypte, Tunisie, Hongrie, Pérou, Italie, Espagne. Il rejoint l’agence Rapho en 1965 et inaugure en 1977 le premier numéro du magazine Géo avec une chronique d’un village du Pays basque. À la fois photographe animalier sur des thématiques variées telles les pigeons, les chevaux de Camargue, les oiseaux, les chats et chiens des îles grecques, etc., il est aussi le photographe d’une tradition singulière : la pétanque, les épouvantails, les cerfs-volants. À partir des années 1980, Hans Silvester oriente son travail vers le militantisme environnemental. Il photographie alors tous les parcs naturels d’Europe, dénonce les ravages de la déforestation en Amazonie, publie un long reportage sur la rivière Calavon sous le titre La rivière assassinée, s’intéresse à l’exploitation de la forêt en Amérique du Nord. Hans Silvester a publié récemment un livre intitulé Pastorale Africaine, préface de Pierre Rabhi et réédite son livre sur La Pétanque, jeu provençal.

 
 

Les autres photographes

 

trait_rouge