Franck Déglise

Sur la route d’Alger

  • Lieu :

    Villa Méditerranée

  • Date :

    17/05 – 13/08

 

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Sur la route d’Alger
© Franck Déglise

Le rapport de Franck Déglise avec l’Algérie est éminemment personnel : originaire de ce pays, son père a dû y retourner alors que lui-même était enfant et restait en France. Sa découverte de la terre et de la lumière algériennes s’inscrit donc dans une quête des origines dont l’intensité l’empêche de tomber dans le pittoresque. Ce n’est pas chez Franck Déglise, en effet, qu’il faut espérer trouver « Alger la blanche » sous un ciel d’azur. Le recours fréquent au noir et blanc renforce l’impression de ciel bas donnée par certaines photos. Plus encore, les no man’s lands péri-urbains, les paysages de fabriques et de voies ferrées brouillent les pistes : où est-on vraiment ? De quel côté de la Méditerranée ? Alger pourrait tout aussi bien être Marseille, la cité d’élection. La géographie se fait instable, comme la ville ellemême. Le photographe saisit des bâtiments dont on ne sait exactement s’ils sont abandonnés, à demi détruits ou encore en chantier. Une urbanité fuyante s’accorde à des identités en recherche. Franck Déglise, en Algérie, ne cesse d’être sur la route. D’Annaba à Alger en passant par la Kabylie, il traverse villes et campagnes, sensible aux lieux et davantage encore sensible aux êtres. La densité humaine de ses portraits en situation rappelle ce que la photographie humaniste a pu donner de meilleur, Koudelka par exemple. Mais c’est peutêtre du travail de Michael Ackerman que son road trip algérien se rapproche le plus : intime, résolument étranger aux conventions, scandé de visages marqués par la vie. Comme chez Ackerman, la mise en série des images est alors essentielle : ce groupe d’hommes, ce paysage urbain, cet arbre ne sauraient faire sens individuellement. La cohésion est donnée dans le mouvement même, dans le flux des sensations, qui est aussi mixte de noir et blanc et de couleur, de net de flou… N’est-ce pas le flux même des jours, dont le photographe, par la diversité de ses choix, veut rendre un compte fidèle ?
Guillaume de Sardes
Co-commissaire de l’exposition : Soraya Amrane
Franck Déglise est né à Dijon en 1969, il vit et travaille à Marseille depuis 2002. Diplômé de l’université Lyon 2 (études cinématographiques et audiovisuelles et science du langage), intervenant pour des ateliers de pratique photographique, il mène en parallèle sa carrière de photographe en France et en Europe.

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