Ferran Freixa

Comme le temps passe

  • Lieu:

    Espace Saint-Nazaire

  • Horaires:

    Ouverte tous les jours de 11h à 19h sauf le lundi

 

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Photographe espagnol, Ferran Freixa a gardé de son apprentissage de la peinture académique un goût pour la frontalité, pour l’équilibre de la composition, ainsi qu’une intuition de la lumière. Un classicisme que vient tempérer une réelle sensibilité, notamment à la fragilité des choses. Car c’est le passage du temps que Ferran Freixa veut saisir en photographiant les ruines qu’il laisse derrière lui. Ses images montrent des lieux laissés à l’abandon, leur lente mais inexorable récupération par la nature, qu’il s’agisse de vieux palaces ou de bâtiments industriels. Les cadres sont tantôt serrés, privilégiant le jeu des lignes et des formes, tantôt plus larges, renouant avec la rhétorique de la peinture, telle cette sculpture d’enfant effondrée dans un bassin qui semble sombrer doucement dans les eaux calmes du Déluge de Poussin.

C’est encore le sujet du délitement et de la ruine qui est abordé à travers la série consacrée au Grand théâtre du Liceu, à Barcelone. On est en 1994, et ce dernier vient de brûler. Bien que l’accès au lieu fût interdit, Ferran Freixa insiste pour obtenir une dérogation et en photographier les restes carbonisés. «Je savais que chaque image prise était inédite car le lendemain elle n’existerait plus», a-t-il déclaré à ce sujet. Une simple phrase qui éclaire le fond de sa démarche: c’est moins une fascination morbide qui l’anime que le désir de conserver une trace, un témoignage fragile, de ce qui fut.

Guillaume de Sardes

Les autres photographes

 

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