Alain Fleischer

Cinecittà

  • Lieu:

    Maison Flotte

  • Horaires:

    Ouverte tous les jours de 11h à 19h sauf le lundi

 

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Peu d’artistes ont un rapport aussi étroit avec la ville de Rome. Peu ont une connaissance si complète et une pratique si régulière du cinéma. Il n’est donc pas étonnant qu’Alain Fleischer ait ni, en 2003, par réunir la ville aux sept collines et le septième art en un même travail artistique.

Les liens qu’il tisse à travers cette série sont complexes. Car non seulement il a projeté sur les murs de Rome des photogrammes extraits de lms réalisés à Cinecittà, le célèbre complexe cinématographique romain créé à la n des années 1930 sur le modèle d’Hollywood, mais il a choisi des lms ayant pour décors la ville même, comme Vacances romaines de William Wyler, La dolce vita de Federico Fellini ou L’Éclipse de Michelangelo Antonioni. Cette mise en abyme se double d’une équivoque, liée au titre de la série. Cinecittà, la «città del cinema », désigne-t-il les studios ou bien la capitale italienne ? Rome n’était- elle pas cette «cité du cinéma», décors de lms célèbres, mais surtout écran minéral sur lequel Alain Fleischer projette des images?

Ce renversement, on le retrouve au cœur-même de la série, qui prend le rebours de la perception traditionnelle de la photographie comme une activité voyeuriste, pour en faire une activité exhibitionniste. On projette ici plutôt qu’on capte. Les captations (les photographies qui sont exposées ici) ne sont que l’enregistrement, le témoignage de ces projections, qui constituent le cœur de ce travail. Pendant des années, Alain Fleischer a voyagé à travers le monde, avec dans ses bagages un projecteur de diapositives et des images qu’il a projetées sur les façades alentour, principalement à partir des chambres d’hôtel où il logeait. Quand les images étaient pornographiques, elles rejoignaient sa série Exhibitions. Tirées des chefs-d’œuvre de Fellini ou Antonioni, elles ont donné naissance à la série Cinecittà. Mais dans les deux cas, à des niveaux d’interprétation différents, il s’agissait de donner à voir en grand une sorte d’imaginaire nocturne de la ville.

Guillaume de Sardes

Les autres photographes

 

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